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Introduction
La corrida commence par un défilé au son de musiques festives ou traditionnelles. Lors du paseo les alguaziles à cheval, garants du bon déroulement de la course, ouvrent le cortège. Les toreros, suivis de leurs cuadrillas respectives, défilent par ordre d'ancienneté dans la profession. Le plus ancien d'alternative, qui est le chef de lidia, placé à gauche, le second à droite et le plus jeune au centre.
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Chaque combat est fractionné en trois phases appelées tercios et dure environ vingt minutes. Six toros, qui depuis 1924 doivent avoir entre quatre et six ans, participent à la course et sont combattus par trois toreros qui se chargent de deux bêtes chacun. C’est le sorteo qui détermine les toros que devront affronter les matadors ; leurs subalternes procèdent à ce tirage au sort le matin même de la course. Le toro doit être irréprochable avec des cornes effilées, une forme physique parfaite et une morphologie qui répond exactement aux caractéristiques zootechniques de la race.
A l'ouverture des portes du toril, le toro surgit dans le ruedo, en fait le tour pour se familiariser avec ce nouvel espace et tente d'y trouver sa querencia : cet endroit que lui seul aura choisi et où il se sentira à la fois en sécurité et sûr de sa domination. Cette attitude propre au toro de combat permet au matador, resté derrière son burladero, d'évaluer son comportement. De ce premier jugement, le torero tirera quelques enseignements qui lui permettront de faire ses passes de cape.
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La passe essentielle est la Véronique, du nom de la Sainte qui aurait eu un geste secourable pour le Christ en lui essuyant le visage de son voile tenu à deux mains tandis que chargé de sa croix il montait au Golghota.
Cette passe permet au matador d’imposer son rythme à la charge du toro : il oblige ainsi l'animal à adapter son attitude à sa propre technique.

Premier tercio : la pique
A la demande de la Présidence et au son des clarines, deux picadors montés sur des chevaux lourds protégés d'un caparaçon, entrent dans l’arène. Seul le premier d’entre eux aura la charge de piquer le toro selon des règles aussi précises qu’essentielles.
Deux cercles concentriques sont tracés au sol à 7 et 10 m de la barrière : le règlement taurin stipule qu’au moment de la charge, le picador doit se trouver à l’extérieur du premier cercle et le toro à l’intérieur du second.La pique, hampe en bois de frêne, est munie d’une pointe triangulaire en acier qu’il s’agit de placer au mieux au croisement du morillo et des épaules du toro. Le picador doit avancer sa pique à la rencontre du toro et l’enfoncer avant que celui-ci n’atteigne le cheval.
Cette phase est destinée d’une part à évaluer la bravoure du toro et d’autre part à modifier son port de tête en l'obligeant à une charge droite.
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Le châtiment de la pique est particulièrement contrôlé par la Présidence et le public. Le règlement taurin prévoit un minimum de deux piques.
Le travail du picador requiert une parfaite connaissance de l’animal, beaucoup d’adresse et parfois un peu de chance.

Deuxième tercio : les banderilles
La deuxième partie de la lidia, la pose des banderilles, a un caractère plus esthétique. Elle permet aux peones, les banderilleros, de mettre en valeur leur agilité, plus rarement au maestro. Deux techniques s’opposent : al cuarteo et al quiebro. Dans la première (al cuarteo), le banderillero cite le toro en tenant les banderilles levées au dessus de ses épaules. Lorsque l’animal charge, il court vers lui en formant un arc de cercle de sorte que, lorsque le cornu baisse la tête pour le frapper, il ait le temps de lui planter ses bâtonnets dans le garrot. Dans la seconde (al quiebro), l’homme cite l’animal et reste immobile, il posera ses banderilles après qu’une feinte ait déviée la charge du toro.
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Beaucoup considèrent que cette phase permet au toro de récupérer après la dure épreuve de la pique. Elle permet en outre au torero de voir comment l'animal se comporte sans leurre.
L’exception est la pose de banderilles noires. Les « veuves » sont posées lorsqu’un toro manso n’a pas pu être piqué. Celles-ci sont équipées de harpons plus longs visant à châtier l’animal.
Le règlement taurin prévoit la pose de trois paires de banderilles.

Troisième tercio : la muleta et la mort
Ensuite commence le tercio de muerte. Celui-ci s’ouvre généralement par le brindis : le matador salue la Présidence avec sa montera puis offre la mort du toro à quelqu’un, au public ou au ciel en hommage à un disparu.
Par des passes à la muleta, le torero réalise sa faena, travail préparatoire au coup d’épée final. Essentiellement composée de naturelles et de derechazos, la faena sera exécutée sur la corne gauche ou droite selon les caractéristiques de la charge du toro. En tout état de cause, le maestro dispensera ses naturelles dans le respect des quatre grandes règles : parar (préparer), tocar (toucher), mandar (commander, diriger) et recoger (reprendre, appuyer sa domination sur l’animal), qui sont les quatre temps de toute passe.
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Après que le toro ait donné le meilleur de lui-même, le torero peut se laisser aller au duende, cette envie irrésistible de se surpasser, d’aller plus loin encore et encore… Le maestro met alors le toro en place pour l’estocade. Il faut qu’il soit cuadrado, cadré, c’est à dire tête basse fixant la muleta, tous sabots alignés et les antérieurs joints. Placé face au toro dans un parfait alignement avec son adversaire, le torero lève son épée de la main droite en se préparant à le frapper tandis que de sa main gauche, il tient la muleta qui déviera un éventuel coup de corne. Le maestro oblige alors l’animal à une dernière charge (al recibir) ou s’avance vers lui (a volapie) et lui plante son épée au sommet du cou dans un espace grand comme une pièce de monnaie : « la croix ». L’estocade doit être fulgurante et portée en la cruz, c’est à dire à gauche de la colonne vertébrale, entre la troisième et la quatrième vertèbre, ou entre la quatrième et la cinquième vertèbre. Une épée entière n’est pas nécessaire pour tuer la bête.
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Toutefois, si la mort tarde à venir, le descabello est requis. Cette épée d’une forme particulière est destinée à abréger l’agonie de l’animal en lui tranchant le bulbe rachidien, provoquant une mort instantanée. Ce coup de grâce est systématiquement pratiqué par un peon à l’aide d’une puntilla lorsque le toro est à terre.
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A l’origine, le matador victorieux se voyait attribuer, en plus de son cachet, le prix de la viande du toro qu’il venait de combattre. Pour qu’il puisse reconnaître la carcasse de celui-ci à l’abattoir et apporter la preuve de sa propriété, on lui remettait l’oreille. Aujourd’hui, les toreros sont rémunérés bien au-delà du prix de la viande mais la tradition veut que le Président décident d’accorder une oreille, les deux, ou très rarement, la queue, attribut autrefois interdit mais aujourd’hui généralisé à l’exception de quelques arènes.
Le torero peut faire la vuelta si le public a apprécié sa prestation ; a contrario, le matador initiateur d’un combat bâclé ou d’une mise à mort ratée devra essuyer la bronca, manifestation hostile du public.
La toro brave peut être honoré à titre posthume d’une vuelta al ruedo ; sa dépouille est tirée hors de l'arène par les mules ou les chevaux de l'arrastre.
Conclusion
Loin des stéréotypes et des idées reçues, l’art de la corrida n’est donc pas ce spectacle haut en couleur dont l’interprétation simpliste verrait la suprématie de l’homme sur la bête. La technique du toreo permet de mener et contrôler l’animal avec lenteur et fluidité. Comprendre et diriger avec la cape et la muleta l’attaque du toro afin de le mettre en valeur est bien là tout le paradoxe de la corrida, monde de contrastes et d’antagonismes. Le savant mélange du savoir-faire des grands toreros allié à la splendeur des costumes et au respect de la tradition fait de la corrida une discipline artistique appréciée dans tout le Sud de la France, en Espagne, au Portugal, en Amérique latine et même en Californie. Un public de passionnés se retrouve aux courses de taureaux à l’occasion d’importantes fêtes populaires au grand dam de ses détracteurs qui n’y voient que violence et barbarie.
D’autres disciplines tauromachiques issues des corridas originelles persistent dans certaines régions de France. Les animaux n’y sont jamais mis à mort, seul le jeu ou la prise de risques des hommes rythment ces spécialités.
C’est le cas de la course camarguaise. Remontant à la Renaissance et réglementée depuis 1900, elle est pratiquée dans le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Elle consiste à arracher divers attributs fixés à la tête du taureau : cocarde placée au milieu du front, glands et ficelles noués à ses cornes. Le bétail est issu d’élevages camarguais, en principe seuls les mâles entrent dans l’arène, toutefois il existe des courses de vaches cocardières. Les cornes ne portant pas de protection, les accidents, heureusement rares, sont souvent graves parfois mortels. Particulièrement prisée dans le sud-ouest de la France, la course landaise est pratiquée dans le Gers, le Béarn, les Landes… Elle consiste à exécuter des figures comprenant feintes, tourniquets ou sauts devant des vachettes encordées dont les cornes ont préalablement été munies de protections.
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